Liste des oeuvres
Liste des artistes
N.EW.S., 2021
Cette installation, conçue comme un hommage à la source Saint-Benoît, se trouve à l’entrée de la Maison des remparts, dans un bassin du XVII ème siècle. Le moulin présente 4 points cardinaux qui mettent en mouvement le mot N.E.W.S. (Nord, Est, West, Sud). Les « news » tournent ici au fil du temps et rappellent la pensée pré-socratique d’Héraclite : « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ». Soulignant l’impermanence des choses, l’œuvre nous invite à associer le flux de l’eau à celui de la vie et du langage.
Auparavant installée dans la Sorgue (Vaucluse), l’œuvre a subi la patine du temps et trouve ici un lieu d’accueil de prédilection. N.E.W.S. renoue en effet avec l’histoire du domaine Saint-Benoît où par le passé, la force motrice de l’eau était utilisée pour alimenter le moulin d’une fabrique textile. Pour Jean Daviot, la source devient ici « le lieu du lien ».
Jean Daviot
Jean Daviot, né en 1962 à Digne-les-Bains, a étudié à la Villa Arson à Nice et a fait ses débuts du côté du cinéma expérimental. Il utilise divers moyens d’intervention : la vidéo, la photographie, la peinture, le son, mais aussi des actions dans le paysage en sensibilisant le public à la fragilité des milieux. Jean Daviot se passionne pour le langage sous toutes ses formes (mots, sons, signes ou lumières…) et prête une attention particulière à sa plasticité. Il sculpte la langue comme objet et révèle son alchimie et ses sens cachés. Les mots en disent plus qu’ils en ont l’air et s’amusent à nous égarer, Jean Daviot les pousse à se retrancher sans leurs sens profonds là où ils accentuent ce qui nous semble anodin. Son art s’appuie sur l’histoire de l’art, la préhistoire, la psychanalyse, la philosophie.

Cinq sphères de calcaire et de chêne, Dominique Bailly, 1991
L’artiste a imaginé son œuvre à partir d’une curieuse excroissance globulaire à la base du tronc d’un chêne de la forêt du Centre d’art Le Crestet (Vaucluse), pour laquelle elle a été conçue en 1991 et où elle resta installée jusqu’en 2022. L’œuvre est constituée d’une suite de cinq sphères d’inégales grandeurs : deux sont façonnées dans une pierre de calcaire provenant d’une carrière de la région, les trois autres sont aillées dans le bois d’un chêne de cette forêt vauclusienne. A partir de l’arbre repéré à l’origine, les sphères étaient alignées au bord d’un chemin pentu, soulignant la topographie du terrain et accompagnant le pas et le regard des promeneurs. Dans sa parenté avec les alignements mégalithiques, l’artiste adopta la notion de » sculpture promenade ». A Digne, c’est au Musée Promenade que l’installation des Cinq sphères de calciare er de chêne perpétue et respecte cette intention originelle.
» Pour toutes œuvres spécifiques à un lieu, ce qui compte pour moi, c’est le repérage des lieux, comprendre de quoi il est fait. […] J’aime bien que le promeneur-spectateur ait une implication physique, qu’il s’approprie le terrain, participe de l’histoire et que ma proposition puisse amplifier toutes ses sensations pour qu’il ait une lecture plus sensible du paysage. »
Dominique Bailly
Dominique Bailly est sculpteur. Elle vit et travaille à Paris et en Touraine. Depuis le milieu des années soixante-dix, son travail témoigne d’une relation contemplative avec les sites naturels qu’elle a choisis comme lieu de vie (la forêt bretonne, limousine, le littoral vendéen, les bords de la Loire).
Sa démarche artistique qui se fonde essentiellement sur la relation au paysage suit deux voies : la réalisation de sculptures en atelier et l’intervention directe dans le paysage.
Dans l’atelier, elle privilégie la pratique intime du matériau et la recherche sur la forme. Tronçons de chêne, formes elliptiques en hêtre, sphères de séquoia d’un mètre de diamètre, peuplent sa création. Pour de telles œuvres, elle recourt souvent à la série. C’est le cas pour les bombes volcaniques « Les larmes de la terre », pour les « sphères » ou les « lames », dont elle organise ensuite la présentation sous forme d’installations.
Les unes sont simplement posées au sol, isolées ou inscrites dans des jeux précis d’alignement ; les autres suspendues sont dispersées suivant le lieu où elle les expose. L’artiste dispose ses pièces de façon à suggérer un parcours tout en laissant au regardeur toute latitude de circuler à sa guise.
La pratique du dessin a toujours accompagné ses recherches sur la forme, dans son travail de sculpture. Source : http://www.dominique-bailly.com/

Water cairns, Andy Godsworthy, 1998
Les cinq cairns d’eau ponctuent le sentier d’accès au Musée Promenade du Musée Promenade qui suit un ruisseau souterrain. Chaque cairn est creux, comme une chambre d’écho amplifiant le bruissement de l’eau plus ou moins perceptible sur le parcours. Du premier cairn silencieux au dernier, le mystère s’estompe peu à peu.
» Mon travail est tellement enraciné sur place qu’on ne peut le séparer de son lieu d’élaboration : le travail est le lieu. »
Andy Goldsworthy
Andy Goldsworthy est né en 1956 dans le Cheshire (UK). Adolescent, il effectue des travaux dans des fermes où il prend conscience de la beauté de la nature façonnée par l’homme mais aussi de sa dureté et de la tâche répétitive imposée aux paysans. Cette expérience influencera son développement artistique au même titre que sa formation aux Beaux-Arts qu’il intègre en 1974 (Bradford Art College). Depuis 1986, il réside dans le village de Penpont (Ecosse) où il a installé son atelier dans un ancien grenier en pierre. Artiste de renommée internationale, Goldsworthy travaille dans de multiples pays et paysages.

L’eau coule, les pierres demeurent immobiles au fil de l’eau, 1999
Cette installation, dont le titre puise sa source dans un proverbe romain, se glisse dans le paysage avec beaucoup de finesse. Les pierres ne sont donc pas posées n’importe où dans l’attente d’un prochain départ mais ont pris racine au gré des saisons profitant largement de la présence aquatique, aérienne et souterraine le long du sentier de l’eau.
Par une présence délicate, son oeuvre renvoie aux lieux, pour nous en proposer une nouvelle lecture, modifiant subtilement notre regard. C’est un voyage poétique que nous offre cette artiste où les quatre éléments entrent en relation.
Agathe Larpent
Agathe Larpent, née en 1946 à Paris, fut formée à l’école des Arts appliqués et des Métiers d’art entre 1967 et 1970. Elle s’est installée à Thoard dans les Alpes-de-Haute-Provence où elle y vit encore aujourd’hui. Figure emblématique de la Céramique contemporaine Française, Agathe Larpent n’est pas de ces artistes pour qui la technique ou le processus de création prévalent sur le reste, elle habite l’espace d’une expression céramique singulière où la terre est métamorphosée, les matières et les couleurs mêlées dans le seul but d’interpeller le sensible.

Point de réflexion, 2011
Point de réflexion est un point stable dans le paysage, un belvédère qui peut être régulièrement déplacé, pour porter notre regard en d’autres lieux. Point de réflexion invite les visiteurs à se poser dans le paysage, se retrancher pour s’ouvrir aux perceptions de l’extérieur. C’est une sculpture d’espace qui permet des situations d’échange entre un intérieur (cérébral) et un extérieur (sensoriel). Notre regard prend ainsi de l’autonomie par rapport à son fond de référence, il va se tourner vers d’autres cohérences, de nouvelles associations d’idées issues de nouvelles observations. Se poser une question dans un paysage et trouver la réponse dans un autre.
Fabien Lerat
Fabien Lerat est né à Paris, en 1960. Il est diplômé de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, ville où il vit et travaille. Il enseigne actuellement à l’Université de Picardie Jules Vernes à Amiens. Fabien Lerat est actif sur la scène artistique parisienne depuis de nombreuses années. Depuis les années 1990, il a mis l’accent sur un art conceptuel, avec des œuvres qui comprennent diverses interactions avec le public participant : des expériences, parfois architecturales, parfois performatives ou sculpturales, ou les trois mises en relation. Les explorations que ses propositions mènent dans l’espace ont la capacité de motiver les visiteurs pour des actions.

Parterre III, 2000
Parterre III est composé de plusieurs conteneurs reprenant la forme d’une arabesque placés dans ce bassin naturel du Musée Promenade. La forme métallique fait évidemment référence au dessin des jardins formels comme celui de Versailles, mais suggère ici la forme de l’ammonite que l’on retrouve en abondance sur le territoire du Géoparc.
Ces formes sont remplies de terre et plantées d’espèces aquatiques. Entre avril et septembre, la croissante des plantes va déborder et cacher le dessin original du parterre. De cette façon, la végétation reprend ses droits dans la forêt, en oblitérant toutes traces de travail humain. L’emplacement de cette installation souligne le contraste entre la régularité d’un parterre et le chaos d’une forêt.
Catherine Marcogliese
Née au Canada, en 1957, Catherine Marcogliese étudie l’histoire de l’Art à l’Université Concordia (Montréal). Elle vit et travaille en France depuis 1988. Si la photographie est toujours présente dans le travail de Catherine Marcogliese, elle n’est pas le médium unique. Elle installe ses œuvres tout en utilisant les ressources du milieu : ici les plantes et l’eau. Avec cette installation en extérieur, Catherine Marcogliese poursuit une réflexion sur les difficultés que l’homme rencontre lorsqu’il veut ordonner la nature comme, par exemple, créer un « parterre », tentative inutile de laisser les traces d’une présence qui sera effacée par la reprise de possession du site par la nature. l’esprit, le regard et le corps en mouvement ».

Dalle à motifs, 2000
Janusz Stega a trouvé son inspiration dans la géologie unique de cette région et en particulier du site de la dalle à ammonites (Réserve Naturelle) situé à proximité du Musée Promenade.
Avec ses rouleaux porteurs d’une mémoire de son pays natal, il a reproduit avec patience un lent processus invisible inscrit dans les strates de cette région.
Janusz Stega a généré dans cette « dalle à motifs » une sédimentation et une stratification de mémoire.
La mémoire de l’Homme dialoguant avec la mémoire de la Terre pour produire une oeuvre métaphorique résonnant avec cette dalle à ammonites, fond de mer fossilisé d’il y a 180 millions d’années.
Janusz Stega
Né en 1958 à Cracovie (Pologne), Janusz Stega vit et travaille à Lille. Formé à l’École des Beaux arts de Tourcoing, Janusz Stega découvre en 1975 l’existence de rouleaux de caoutchouc ornés de motifs décoratifs dont se servent les peintres en bâtiment de son pays d’origine pour créer l’illusion du papier peint, très cher à l’époque. Peu de temps après, il utilisera systématiquement ces outils dans ses peintures et ses photographies : dans les deux cas un jeu s’instaure entre le motif créé par le passage du rouleau (de l’ordre du décoratif) et l’histoire qu’il camoufle. Ces motifs décoratifs sont devenus pour lui les lettres d’un texte indéchiffrable, seule preuve d’une époque à jamais révolue.

Station botanique d’Adiantum Capillus et 0m (2005-2011)
Paul-Armand Gette, par son 0m attire notre attention sur une station botanique dédiée à une fougère l’Adiantum capillus veneris baptisée ainsi par le grand botaniste suédois Linné et dont la traduction signifie : « cheveux de Vénus qui ne se mouillent jamais ». Le 0m du Musée-promenade est le début d’une excursion dans la vallée du Bès, dont l’artiste a choisi les arrêts, chacun marqué d’un 0m qui signale le commencement de quelque chose. Ici, il marque l’eau sortant de terre par une source pétrifiante.
Paul-Armand Gette
Paul-Armand Gette, né en 1927 à Lyon, est photographe, vidéaste, sculpteur et écrivain. Il vit et travaille à Paris. Artiste aimant brouiller les pistes, Paul-Armand Gette produit une œuvre située sur des lisières, celles qui passent entre l’art, la science et la nature, recherchant les dimensions métaphoriques des lieux du corps et des paysages. S’il existe une limite entre la science et l’art, Paul-Armand Gette s’évertue à la confondre au sein même de son travail. Féru de mythologie qu’il prend souvent pour prétexte, il convoque dans ses œuvres deux de ses passions : la botanique et la gent féminine.

Lavogne, 2000
En baptisant son bassin-installation de porphyre bleu « Lavogne », Henri Olivier rend hommage aux abreuvoirs naturels des pays très secs comme les Causses. Cette sculpture –paysage inscrit dans le parc une lentille d’eau claire reflétant le ciel et les frondaisons.
Entre installation d’art dans la nature et aménagement paysagiste, la Lavogne, d’Henri Olivier modifie la perception du paysage qui l’environne et devient un lieu d’où émerge la vibration de la vie.
Henri Olivier
Henri Olivier, né à Alger en 1955, vit et travaille dans les Alpes Maritimes. Depuis 1980, son travail est montré dans de nombreuses expositions personnelles et collectives. Henri Olivier a développé parallèlement à sa pratique d’artiste une expérience du jardin et du paysage. Il a enseigné à l’Ecole Méditerranéenne des Jardins et du Paysage de Grasse, en assumant un rôle de coordinateur pédagogique.
Son travail interroge les relations de la sculpture au jardin, à l’environnement et au paysage, mais également notre propre perception de l’espace. Comme le dit Allen S. Weiss, « ses sculptures servent de catalyseurs pour mettre l’esprit, le regard et le corps en mouvement ».

Fontaine de théières, Sylvie Buissières, 2004
Dans la galerie du Cairn en 2004, l’exposition de Sylvie Buissières présentait La Fontcuberta (2003) littéralement Fontaine couverte, en un joyeux hommage à l’artiste catalan [Joan Fontcuberta] dont l’empreinte de l’œuvre sur le territoire dignois était déjà inscrite. Elle faisait écho à la Fontaine des théières installée à l’extérieur, sur le parcours du parc qui conduit au Musée Promenade. Dans une relation sensible au lieu, l’artiste choisit de s’en référer à la cascade pétrifiante du Musée Promenade. Les trois totems définis par la superposition de formes de théières créées en céramique pour le projet, atteignent jusqu’à deux mètres de hauteur. ils laissent passer l’eau par les différents becs pour faire écho aux sonorités de l’eau qui coule, partout perceptible en ce lieu d’ombre et de fraîcheur.
La théière spécifie le lien à la culture asiatique qui a pénétré l’occident par de savants aller-retour. Formellement, elle relate aussi les formes équilibrées qu’un objet domestique artisanal basique est susceptible de porter, avec la simplicité du geste de l’artisan. Mais ici, chacune des théières fabriquée et empilée sur l’autre, garde sa singularité et fait exception. Cette dimension révèle l’expérience sensuelle de la matière et de la forme avant qu’elles ne se fondent au milieu pour lequel elles ont été conçues. Cette fontaine vint ainsi chatouiller la réalité, en offrir une vision ludique et, finalement, poétique, vivante et personnelle.
Sylvie Bussières
Artiste née au Québec en 1964 et résidant à Barcelone, Sylvie Bussières pratique une sculpture interrogeant le sens et la logique des formes, de la matière, de la mémoire et des lieux. L’œuvre de Sylvie Bussières, initialement basée sur des interventions dans la nature, a évolué vers l’investigation sculpturale à travers de matériaux recyclés. Aujourd’hui, l’artiste propose des créations réalisées à partir de l’accumulation d’objets ordinaires et en utilisant différentes techniques (objet-trouvé, photographie, vidéo).

L'hydropithèque solitaire
Le travail de Joan Fontcuberta est en relation avec la manipulation de l’information. À Digne, il met en scène dans le contexte de l’UNESCO Géoparc de Haute-Provence, l’incroyable découverte des hydropithèques, sirènes fossiles et chaînon manquant de la lignée humaine entre milieu terrestre et vie aquatique. Dans le Musée Promenade, un des spécimens est présenté et au Musée Gassendi, une salle livre l’histoire de la découverte et la biographie de l’inventeur avec un luxe de détails : l’humour est toujours présent dans le travail de Joan Fontcuberta qui nous encourage à être des sceptiques !
Joan Fontcuberta
Artiste contemporain catalan, Joan Fontcuberta a connu pendant sa jeunesse la dictature franquiste, et avec elle la censure et la falsification de l’information. Diplômé en sciences de l’information, théoricien, critique, historien et professeur, il questionne dans son travail toutes les formes de prétendue vérité. Son œuvre, s’appuyant sur les possibilités offertes par l’image photographique et ses capacités de manipulation, nous entraîne dans une réalité à la fois vraisemblable et insolite. Dans son oeuvre Les hydropithèques, par l’emploi des codes propres à la recherche scientifique et à sa monstration, la chimère gagne en crédibilité. Tout est là pour faire autorité. Les sites de gisements de fossiles comme les objets rassemblés dans l’installation du musée sont autant de pièces à conviction, de preuves de l’authenticité de la démarche et de ses résultats. Initié à Digne dans les années 2000, ce projet artistique a trouvé des prolongements à Annecy et à Salamanque.















